Le paradoxe français – Louis-Benjamin Ponticelli
Le "master" pour le job pour au final ne pas travailler dans la spécialité de ce dernier... Le Paradoxe Français que nous allons essayer d'appréhender ici !
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Le paradoxe français

Le « master » pour le job pour au final ne pas travailler dans la spécialité de ce dernier… Le Paradoxe Français que nous allons essayer d’appréhender ici !

De plus en plus d’articles de presse mettent en avant cet état de fait, en France. Tu fais un métier manuel, tu as un CAP, tu fais un métier intellectuel, tu as un Bac+5…

C’est donc ça, nous sommes, nous, la génération Y-Z et les prochaines générations résumées à être vues par nos diplômes ?

Triste monde, je m’y refuse à le croire et encore moins le vivre.

Aujourd’hui, ma génération est surdiplômée et pour quel résultat ?

  • Des missions d’exécutants ?
  • Des missions n’ayant aucune finalité autre que financière ?
  • Un salaire de freelance ?
  • Un salaire « ubérisé » ?

Quand j’ai repris mes études, c’était dans l’optique d’avoir une « assise intellectuelle » et de prouver à mes proches que j’étais capable. Ah : « On ne me croit incapable de réussir » : C’est ce leitmotiv qui m’a permis de me dépasser. Puis la réalité ou plutôt la question « Que souhaiterai-je faire ? » me rattrapa.

Dans cet article, je vais tenter de répondre à certaines de ces questions, en laissant parler mon expérience, mon vécu.

C’est parti pour comprendre le « master pour avoir un job » et au final ne pas travailler dans la spécialité de ce dernier… Un Paradoxe français (ne connaissant pas d’étudiants étrangers) que nous allons essayer d’appréhender ici !

Pourquoi un « Paradoxe Français » ?

Au lendemain de mes examens, je déjeunais avec un ami et nous faisions l’état d’avancement, entre ce moment et 4-5 ans auparavant. Nous avons parlé de nos anciens formateurs, de nos rencontres professionnelles (ça faisait 3 ans que nous suivions le même parcours d’étudiant en alternance), de nos rencontres personnelles.

Puis nous avons abordé le « Pourquoi en sommes-nous là, aujourd’hui ». Lui disait qu’il n’aimait pas le milieu faux et hypocrite des professionnelles du marketing et de la communication, il n’aimait pas non plus le secteur des banques/assurances.

Pour ma part, je me demandais bien dans quelle entreprise j’allais tomber. J’avais un petit quelque chose, en plus, qui me guidait, ce petit quelque chose était ma fiancée et notre projet de partir vivre à Bordeaux, ma ville natale, pour un air plus sain et ralentir la cadence.

À part cela, j’en étais au même point que mon ami, je ne voulais pas travailler pour les banques/Assurances, les multinationales, comme Total, Engie ou encore Cap Gemini, me faisait guère plus envie. Les agences de communications ? Pour faire des horaires de fous et une rémunération au rabais, très peu pour nous. À la rigueur, les groupes comme Apple, Microsoft, Google et consort, pourquoi pas… mais là, j’aurais dû poursuivre mes études en bac+18… puis passé, un énième un concours pour rentrer…

Bref, ce n’était pas bien folichon, nous sommes dits, mais pourquoi, ne pas mettre nos compétences au service de l’économie sociale solidaire, ou faire toute autre chose ? La question était « Quelle chose ? »

Mon ami se rêvait en éducateur canin, je lui dis, c’est une bonne chose, fonce. Dommage d’en arriver à cette conclusion après un Bac +5, qui plus est dans un domaine censé nous permettre de gagner de l’argent relativement facilement… Il aimait aussi écrire, il aurait voulu être écrivain, je lui dis : « lance-toi, pour toi, il est facile d’écrire, tu tournes et construits très bien les phrases » (il a relu beaucoup de mes rapports).

Pour ma part, j’ai toujours eu en tête de monter ma startup. J’ai eu de nombreuses idées, de concepts allant de la technologie de luxe à l’aide aux personnes à mobilité réduite en passant par les MOOC/COOC et les applications mobiles…

Le problème, ai-je vraiment envie de porter ce domaine ? Serais-je fier d’avoir accompli cela ? Est-ce foncièrement utile ?

En résumé, nous avions fait 5 ans d’études et la question qui nous avait motivés à reprendre nos études était toujours là.

Hier, lui a accepté un job dans une grande compagnie d’assurance, il semble avoir tu cette petite voix qui semblait le pousser à accomplir de grandes choses. Il semble s’être résigné à ce qu’on attendait de lui. Mais jusqu’à quand va-t-il tenir ? Sans doute un signe avant-coureur de sa future « crise » de la quarantaine ?

Hier, pour ma part, j’avais trouvé un job dans le secteur d’activité auquel mon Bac+5 semblait m’y préparer, qui plus est, à Bordeaux… Trois mois plus tard, j’ai demandé une rupture d’un commun accord et je me pose cette question.

Quelle finalité vais-je donner à ma vie professionnelle ?

Jeune-CAP-SousPayé-Utilité

Le CAP

Beaucoup de mes frères et sœurs sont diplômés avec ce type de formation, principalement dans les métiers de bouches. Néanmoins, la rémunération peine à décoller, le point positif c’est qu’ils sont généralement poussés à créer rapidement leur entreprise.

En résumé, les études sont courtes, ce sont des métiers essentiels et la rémunération reste équivalente au niveau de diplôme qu’on leur a vendu.

Le Baccalauréat

Je me rappelle une de mes sœurs dire « Ait ton bac, puis on pourra causer », je me suis dit à ce moment, mais comment peut-on dire ce genre de chose, un baccalauréat n’est pas une personne et vice-versa, comment peut-on réduire un individu à son seul diplôme.

Après de nombreuses lectures et avec mon expérience, je me suis rendu compte que ma sœur répétait simplement le discours dominant de l’époque.

« Ait ton bac, puis va travailler » le problème que ça pose, aujourd’hui, est que le baccalauréat ne permet d’entrer dans une entreprise, ah si, sauf sur les métiers répétitifs, rébarbatifs et sous-payés comme les hotlines, le travail à la chaine, les fastfoods ou comme coursier… Comment se projeter avec un tel métier, aucune perspective d’évolution tant dans l’aspect financier que dans le développement personnel ?

En résumé, avoir un baccalauréat te permet soit de poursuivre tes études, soit jongler avec les « mini-jobs ».

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Jeune-Bac+5-Paradoxe-Intellectuel

Le Bac+5

Je suis le second de ma famille à avoir un Bac+5, suis-je plus intelligent que mes autres frères et sœurs ? Je ne crois pas, suis-je plus heureux ? je pense pas, suis-je plus riche qu’eux ? Ça se saurait…

En résumé, les études sont longues, quoiqu’un peu plus courtes, vu que je les ai effectuées en alternance, mais elles n’apportent pas autant de réponses que les questions qui vont ensuite.

J’ai obtenu mon bac+5 pour me prouver que j’étais capable de… maintenant, vais-je poursuivre dans ce domaine, grande question…

En résumé, un Bac+5 te permet de te poser encore plus de questions et avoir autant de doutes mais tu peux choisir où tu veux aller… Reste à faire son choix !

Ok, j’ai un Bac+5 mais qu’en faire ?

Je suis capable de suivre des études supérieures, j’ai acquis durant ces 5 dernières années, une capacité à prendre du recul, à construire mon raisonnement et une réflexion profonde, à imaginer et donner vie à des projets aussi divers que variés. Je suis capable d’imaginer des stratégies de communication percutantes, mettre en place un développement commercial, dynamiser des équipes autour d’un projet, accompagner le changement et la transformation numérique d’un environnement.

Je sais aussi construire des ordinateurs, des ensembles multimédias et des réseaux informatiques, les vendre, construire un argumentaire, trouver les points forts d’un élément et le rendre encore plus fort.

Mais, le « hic » c’est que je ne sais pas me lancer, je ne sais pas comment faire vibrer ces compétences sur une finalité autre que financière. Je me rêve à être professeur d’Aïkido ou encore fondateur d’un centre de rechargement énergétique afin d’aider mon prochain dans son quotidien tant personnel que professionnel. Mais comment aider les gens à aller mieux quand je ne sais même pas où aller dans ma vie professionnelle ?

D’un autre côté, j’ai envie de créer une entreprise d’informatique, rêve de « gosse », que voulez-vous on ne se refait pas… J’aimerais bien aussi lancer une application pour aider les personnes en mobilité réduite, j’aimerais apprendre à jouer du piano, j’aimerais aider le monde à aller mieux.

Peut-être que « LA » question est : quel domaine d’activité me permettra d’aider « le monde » à aller mieux ? OK, même si je choisis le domaine qui me semble le plus approprié, mais comment se lancer quand ce domaine n’a rien à voir avec tes diplômes ?

Et nous voilà dans le « Paradoxe français » comme dit Pierre Rabhi :

« Si l’éducation est une boîte, elle est une boîte carrée et rudimentaire qui n’est pas aux dimensions du cerveau, mais qui essaye de l’y faire entrer de force, et le rend coupable de ne pas se mouler dedans. Pour quelle finalité ? »

Aujourd’hui, j’ai de nombreux savoirs, mais ses mêmes savoirs ne m’aident en rien à trouver une finalité dans ma vie professionnelle, ou à l’inverse, ils me donnent tellement de choix que je ne peux « choisir » et même que je ne veux choisir, comme nous le savons : « Choisir, c’est renoncer… » Mais renoncer à quoi ?

Ralalala… Trop de questions et bien trop peu de réponses !

Après trois mois de torture mentale et de réflexion, je me suis décidé de terminer de mon CDD, de Digital Planner, pour faire un bilan de compétences. L’objectif de ce bilan est de mettre en concordance mes valeurs, mes envies et mes talents.

Ce bilan de compétences devrait se terminer fin juin, d’ici là, je vais être un peu off sur les réseaux sociaux professionnels, dont ce site internet. Je vais me focaliser sur mon bilan de compétences, la création du site internet pour mon Mariage et un groupe Facebook que j’ai lancé nommé : « Les écoloboys ».

Si toi aussi, tu te sens dans le même état que moi, hésite pas à m’envoyer un petit mot et m’expliquer comment tu vis « La chose », ou le partager à un ami !